Le 8 mars, le peuple suisse se prononcera sur l’initiative populaire « Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement (initiative pour un fonds climat) ». Le comité central (CC) de la BCS la rejette clairement.
En adoptant la loi sur le climat et l’innovation, la Suisse a décidé de réduire ses émissions de gaz à effet de serre à zéro net d’ici à 2050. Elle contribue ainsi à la protection du climat à l’échelle mondiale, conformément à l’Accord de Paris. La Confédération dispose chaque année d’environ 2 milliards de francs pour protéger le climat et transformer le système énergétique. Cet argent permet d’encourager les installations solaires et le remplacement des chauffages au mazout par des pompes à chaleur, par exemple.
L’initiative
L’initiative pour un fonds climat demande que la Confédération investisse nettement plus dans la lutte contre les changements climatiques et leurs conséquences. Pour ce faire, celle-ci doit créer un fonds qu’elle alimentera chaque année à hauteur de 0,5 à 1 % de la performance économique de la Suisse, soit de 4 à 8 milliards de francs environ. Ce fonds lui permettra notamment de soutenir la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation économe et efficace de l’énergie ainsi que le développement des énergies renouvelables. La Confédération encouragera également la biodiversité ainsi que l’extraction et le stockage du CO2, tout comme la formation et la formation continue du personnel qualifié nécessaire pour mettre en oeuvre ces mesures. L’initiative demande que le financement et la mise en oeuvre soient socialement équitables.
Attaque contre la stabilité financière
Pour le CC de la BCS, une chose est claire : l’initiative sur le fonds climat est une attaque contre la stabilité financière de la Suisse et contre son modèle éprouvé du frein à l’endettement. Le fonds climat générerait chaque année 10 milliards de francs de dettes supplémentaires. D’ici 2050, il ferait grimper la dette totale de 100 à 200 milliards de francs. Les conséquences seraient des hausses d’impôts massives ainsi qu’une diminution des ressources allouées à des tâches essentielles comme la sécurité, la formation, la santé ou les infrastructures. La politique climatique suisse actuelle en serait elle aussi affaiblie. Pour ces raisons, le CC recommande de rejeter l’initiative.
BCS